Article mis à jour le 15 novembre 2018

Ventes aux enchères et blockchain? Adjugé 318M de dollars!

Héloïse FOUGERAY
Diplômée d'un Master II en Droit de la Propriété Intellectuelle aux Universités partenaires Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris-Saclay. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

Après la vente historique du tableau le plus cher du monde, un Léonard De Vinci adjugé à 450,3 millions de dollars, Christie’s New-York défraie une nouvelle fois la chronique en organisant la première vente aux enchères de l’histoire qui utilise la technologie blockchain.

Encore une fois, Christie’s a battu des records en ce 14 novembre :  317,8 millions de dollars pour seulement 42 oeuvres d’art.

Alors que la blockchain s’étend progressivement à tous les domaines, notamment la protection des créations, elle gagne encore du terrain en s’infiltrant cette fois au sein du marché feutré des ventes aux enchères.

Marché de l'art, Christie's et blockchain

Blockchain et ventes aux enchères : une drôle d’alliance

Christie’s, maison de ventes aux enchères internationale parmi les plus renommées, a décidé d’accorder sa confiance à la technologie blockchain. Le but est de renforcer la confiance des acheteurs à l’égard du marché de l’art et d’améliorer la traçabilité des oeuvres d’art.

A cette fin, cette maison de vente a décidé de recourir à la blockchain lors de la vente de la plus grande collection privée d'art moderne américain jamais mise en vente sur le marché. Cette vente aux enchères marque ainsi un véritable tournant dans la digitalisation du marché de l’art.

Blockchain et marché de l’art : la création d’un registre numérique

Le logiciel de la société Artory, utilisant la technologie blockchain, sert à enregistrer sur un Registre tous les évènements majeurs de la vie d’une oeuvre d’art. Par exemple, ce registre mémorise toutes les fois où l’oeuvre est mise en vente.

Concrètement, les données relatives aux oeuvres d’art sont cryptées et stockées numériquement. Les informations sauvegardées sont notamment les suivantes : titre de l’oeuvre, description, date de vente et prix de vente.

Toutefois, les données relatives à l’identité des propriétaires ne seront pas enregistrées dans un souci d’anonymat. Par conséquent, pour que les acheteurs puissent conserver une preuve d’achat, un certificat numérique devrait leur être remis. Ainsi, ils seront en capacité de prouver leurs droits, sans que cette information ne soit rendue publique.  

Blockchain et marché de l’art : une confiance renforcée ?

Le recours à cette innovation technologique a pour but de renforcer la confiance des acheteurs à l’égard du marché de l’art. En effet, il n’est pas toujours aisé de déterminer la provenance d’une oeuvre d’art, c’est-à-dire son origine, ainsi que le chemin qu’elle a parcouru avant d’arriver jusqu’à la vente aux enchères concernée.

C’est donc une véritable avancée car la provenance d’une oeuvre est un indice et une source d’information précieuse lors de l’authentification des oeuvres d’art. A l'avenir, la blockchain pourrait bien jouer un rôle clé dans l’identification des auteurs, et par conséquent, plus généralement dans le respect de la protection du droit d'auteur.

En définitive, la blockchain semble indéniablement convaincre progressivement le marché de l’art grâce aux avantages qu’elle lui offre : une identification plus fiable des oeuvres et une meilleure protection des créations. Petit à petit, cette technologie semble ainsi prendre le pas sur l’enveloppe Soleau, mode de preuve classique de la qualité d’auteur.

Cette vente aux enchères 2.0, dirigée paradoxalement par la plus ancienne maison de ventes aux enchères du monde, n’est pas encore terminée. Ce jeudi, 49 oeuvres supplémentaires seront mises sous le feux des enchères et le résultat total de la vente pourrait atteindre jusqu’à 650 millions de dollars.

Mise à jour le : 15/11/2018

Rédacteur : Héloïse Fougeray, diplômée d'un Master II en Droit de la Propriété Intellectuelle aux Universités partenaires Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris-Saclay. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

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