09 novembre 2020

Création d'entreprises : classement des 50 villes françaises les plus dynamiques malgré la crise
Temps de lecture : 6 min

Legalstart x FLASHS
Investigation réalisée et certifiée par la rédaction FLASHS.

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Lyon sur le podium, Saint-Denis en queue de peloton

Chômage partiel, restrictions sanitaires, fermetures prolongées des commerces non-essentiels… autant de mesures contraignantes qui ont et qui impactent toujours la dynamique économique nationale. Si le confinement de cette fin d’année s’annonce moins restrictif avec une volonté de maintenir les activités professionnelles autant que possible en maintenant les établissements scolaires ouverts ainsi que les commerces essentiels, il n’en reste pas moins que ce nouveau confinement prévu initialement pour 4 semaines, risque une nouvelle fois d’impacter l’économie du pays, à l’aube des fêtes de fin d’années.

Legalstart s’associe ainsi à FLASHS afin de réaliser un premier état des lieux du confinement printanier, ceci afin d’évaluer l’impact de ce dernier sur la dynamique économique des 50 plus grandes villes de France. Quelles villes françaises tirent leur épingle du jeu ? Quels sont les villes et les secteurs d’activité les plus touchés par la crise sanitaire en 2020 ? Quels sont les statuts juridiques privilégiés par les entrepreneurs français ?

Grâce aux données disponibles sur Infogreffe.fr, nous avons collecté les informations correspondant aux 50 plus grandes villes Françaises en terme de population (agglomération municipale), afin de réaliser un observatoire des dynamiques économiques par agglomération, avant et depuis le début de la crise jusqu’à aujourd’hui.

Nous avons établi pour chaque ville la balance des créations d’entreprises moins les fermetures, pour 1000 habitants afin d’effectuer un classement des villes les plus dynamiques en 2020.

L’impact du confinement sur le nombre de créations et de fermetures

Sans surprise, avec une économie au ralenti, le premier confinement a été marqué par une chute du nombre de créations d’entreprises dans chacune des villes étudiées. En revanche, de manière plus surprenante, le nombre de fermetures d’entreprises n’a pas connu d’explosion. Bien au contraire, les fermetures d’entreprises ont suivi la même tendance que les créations, avec un très fort ralentissement des formalités.

Immatriculations et Radiations des 50 plus grandes villes de France

Ainsi, en avril 2020, on enregistre une chute du nombre de créations d’entreprises (2011) et de fermetures d’entreprises (1530) sur l’ensemble des 50 villes présentes dans ce classement. Avant d’augmenter à nouveau dès la sortie du confinement en mai 2020, jusqu’à atteindre un premier pic en juillet 2020 (4432 créations pour 3602 fermetures), et un second au septembre 2020 (4825 créations pour 4233 fermetures).

L’impact du confinement sur la dynamique de créations/fermetures d’entreprises par rapport à 2019

Lorsque l’on compare le nombre de créations et de fermetures d’entreprises de Janvier à Octobre 2020 par rapport à la même période en 2019, on observe une diminution de 8% du nombre de créations d’entreprises. Toutefois, cette baisse du nombre de créations d’entreprises est en partie contrebalancée par une baisse du nombre de fermetures d’entreprises de 12%. Cela signifie que la balance (créations - fermetures d'entreprises) en 2020 est meilleure qu’en 2019. En cause : une attitude attentiste, permise par la perfusion de l'Etat.

Ainsi, on observe que certaines villes conservent une bonne dynamique en enregistrant un pourcentage de créations d’entreprises plus élevé que celui des fermetures par rapport à la même période en 2019, couplé à une baisse du nombre de fermeture. C’est notamment le cas pour Marseille, qui enregistre une augmentation du nombre de créations d’entreprises de 14% pour une diminution du nombre de fermetures de 48% par rapport à 2019 ! De même pour Lyon : 13% d’augmentation pour les créations d’entreprises contre une diminution de 46% de fermetures par rapport à 2019 ; Aix-en-Provence (+7% de créations et -20% de fermetures) ou encore Brest dont le nombre de création reste stable et qui observe une diminution de 9% du nombre de fermetures par rapport à 2019. Mais également Amiens (+12% de créations, -1% de fermetures), Montreuil (+3% de créations, -6% de fermetures), Nancy (+1% de créations, -71% de fermetures) et Poitiers (+9% de créations, -18% de fermetures).

À l’inverse, certaines villes enregistrent une augmentation du nombre de fermetures d’entreprises combinée à une diminution du nombre de créations d’entreprises par rapport à l’année précédente. C’est le cas notamment de Strasbourg (-12% de créations, +41% de fermetures), Reims (-15% de créations, +112% de fermetures), Saint-Etienne (-10% de créations, +12% de fermetures), Toulon (-20% de créations, +86% de fermetures), Grenoble (-2% de créations, +36% de fermetures), Dijon (-2% de créations, +8% de fermetures), Nîmes (-6% de créations, +54% de fermetures), Le Mans (-15% de créations, +3% de fermetures), Tours (-15% de créations, +49% de fermetures).

D’autres encore enregistrent aussi bien une diminution du nombre de créations et de fermetures, qu’une augmentation de ces derniers. C’est notamment le cas, par exemple, de Toulouse (-12% de créations, -12% de fermetures), ou de Limoges (+1% de créations, +24% de fermetures).

Zoom sur le podium

Classement général TOP50

Lyon 1ère :

Au sommet de ce podium, on retrouve Lyon, avec 2728 créations et 1300 fermetures pour un ratio de 2,77 (créations - fermetures d’entreprises) pour 1000 habitants. Cette dernière démontre sa capacité à surmonter la crise sanitaire puisqu’elle enregistre jusqu’en octobre 2020, 324 créations en plus mais 1114 fermetures en moins par rapport à la même période en 2019. Principalement, ce sont les secteurs de conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (141 immatriculations), la gestion de fonds (64 immatriculations) ainsi que les activités de marchands de biens immobiliers (57 immatriculations) qui sont plébiscités par les créateurs d’entreprise lyonnais. À l’inverse, et comme on peut le retrouver globalement au niveau national, les secteurs les plus impactés par la crise sont la restauration traditionnelle (72 radiations) ainsi que la restauration de type rapide (45 radiations).

Aix-en-Provence 2nde :

Avec 574 créations et 282 fermetures d’entreprises enregistrées jusqu’en octobre 2020, Aix-en-Provence se hisse à la seconde marche de ce podium, pour un ratio (créations - fermetures d’entreprises) pour 1000 habitants égal à 2,05. C’est 37 créations d’entreprises en plus mais tout de même 72 fermetures en moins par rapport à la même période l’an dernier. En top secteur, on retrouve le conseil pour les affaires et autres conseils de gestion (63 immatriculations), la programmation informatique (17 immatriculations) ainsi que la gestion de fonds (17 immatriculations). À l’inverse, la restauration traditionnelle ainsi que les agences immobilières sont les deux secteurs d’activité les plus impactés en 2020 avec respectivement 13 et 12 radiations enregistrées jusqu’en octobre 2020.

Créteil 3ème :

À la troisième et dernière marche de ce podium, on retrouve Créteil avec 299 créations d’entreprises et 124 fermetures pour un ratio égal à 1,93 (créations - fermetures d’entreprises) pour 1000 habitants. Grâce à une diminution du nombre de fermetures (-30) par rapport à la même période en 2019 et malgré une diminution du nombre de créations d’entreprises (-13), Créteil arrive à se maintenir dans le top 3 de ce classement.

Zoom sur les villes en queue de peloton

Nîmes 48ème :

48ème de notre classement, Nîmes enregistre jusqu’en octobre 2020, 398 créations pour 482 fermetures d’entreprises, avec un ratio négatif de -0,56 (créations - fermetures d’entreprises) pour 1000 habitants. Bien en dessous de la moyenne de 0,64. C’est donc 24 créations en moins mais 169 fermetures en plus par rapport à l’année 2019.

Reims 49ème : 

Avant dernière ville de notre classement, Reims se place à la 49ème place, avec 304 créations pour 517 fermetures d’entreprises enregistrées jusqu’en octobre 2020. Soit un ratio négatif de -1,17 (créations - fermetures d’entreprises) pour 1000 habitants. La ville enregistre ainsi 52 créations d’entreprises en moins mais tout de même 273 fermetures en plus par rapport à l’année 2019, soit une augmentation de 112% du nombre de fermetures d’entreprises rémoises.

Saint-Denis 50ème :

Enfin, à la dernière place, on retrouve la ville de Saint-Denis qui enregistre en octobre 2020, 364 créations d’entreprises pour 524 fermetures, soit un ratio négatif de -1,44 (créations - fermetures d’entreprises) pour 1000 habitants. Malgré tout, la dynamique de Saint-Denis est meilleure qu’en 2019, année pour laquelle le ratio était de -1,95. Ce sont 86 créations d’entreprises en moins mais également 14 fermetures en moins par rapport à 2019, soit une diminution respective de -19% et -3%.

Les secteurs d’activités les plus impactés

Globalement, et sans surprise, ce sont les secteurs de la restauration rapide et traditionnelle nécessitant l'accueil d’une clientèle, qui ont été le plus impactés par le confinement printanier. Toutefois la plupart des restaurants se sont mobilisés afin de continuer leur activité pendant et dès la fin du confinement en mettant en place des services de livraison à domicile via des acteurs tels que Deliveroo ou Uber Eat.

Autre grand secteur impacté par cette crise, les travaux de maçonnerie et gros oeuvre de bâtiment, ainsi que la location de terrains et d’autres biens immobiliers. Le confinement total ayant laissé peu de temps aux entreprises de s'organiser, de nombreux chantiers et ventes immobilières ont été interrompus, causant là encore du tort à certaines de ces entreprises spécialisées.

À l’inverse, d’autres secteurs ont tout de même tiré leur épingle du jeu, puisque le conseil pour les affaires et autres conseils de gestion ainsi que la restauration rapide ont connu une augmentation du nombre d’immatriculations en 2020.

Les formes juridiques plébiscitées et les plus impactées

Au niveau national, en ce qui concerne les formes juridiques, ce sont principalement les SASU (sociétés par actions simplifiées à associé unique), les sociétés à responsabilité limitée (SARL), les sociétés à responsabilité limitée à associé unique (EURL), ainsi que les sociétés par actions simplifiées (SAS), qui sont le plus plébiscitées.

C’est pour cette raison que nous avons décidé de nous concentrer sur ces quatre formes juridiques afin de répertorier le nombre de créations et de fermetures d’entreprises pour chacune d’entre elles.

Ainsi, on constate que la SASU enregistre en 2020, 17 382 créations pour 6 806 fermetures. Concernant la société à responsabilité limitée à associé unique, on enregistre 4 495 créations pour 5 639 fermetures. Quant à la SAS, on enregistre en 2020, 10 635 créations, pour 5 091 fermetures. Enfin, pour la SARL on enregistre 4 934 créations pour 10 927 fermetures en 2020.

Ce sont ainsi la SASU ainsi que la SAS qui ont été plébiscitées par les créateurs d’entreprises en 2020. À contrario, la SARL est la forme juridique qui a connu le plus de fermetures en 2020.

Retrouvez l’intégralité du jeu de données sur notre tableau excel mis à disposition via ce lien.

Le point de vue de Pierre Aïdan, co-fondateur de Legalstart

Etat d’esprit des créateurs d’entreprises et impact du Covid

La création d’entreprise est synonyme d’excitation et d’ambition. L’entrepreneur a des rêves et des projets plein la tête. Dès que son entreprise est créée, il ne souhaite qu’une chose : faire vivre son projet et avancer ! Mais, pour avancer, il faut avoir une vision claire et dégagée de l’avenir.

Malheureusement, le confinement est venu paralyser en partie le pays, et a entraîné avec lui son lot d’incertitudes. Dans ce contexte,  de nombreux entrepreneurs ne savent plus si c’est le bon moment pour se lancer, ni si leur activité a des chances de décoller et de survivre pendant et après la crise sanitaire.

Etat d’esprit des entrepreneurs envisageant une fermeture et impact du Covid

La grande surprise vient du ralentissement des fermetures d’entreprise en 2020 par rapport à 2019. Différentes raisons ont pu expliquer ce ralentissement constaté pendant le confinement. Tout d’abord, il faut garder en tête que de nombreux entrepreneurs arrêtent une activité pour en démarrer une nouvelle. Pour ces derniers, la mise en pause de leur second projet a également stoppé la fermeture de leur premier. D’autre part, la dématérialisation des démarches juridiques et administratives commence seulement à entrer dans les moeurs. Certains entrepreneurs ont retardé leur fermeture en attendant de pouvoir consulter leur expert comptable ou avocat. Les entrepreneurs n’ont pas tous conscience qu’ils peuvent gérer leurs démarches à distance alors qu’ils disposent de cette faculté, souvent plus simple et plus rapide. Enfin et surtout, les différents dispositifs déployés par l’Etat ont beaucoup joué. Chômage partiel, fonds de solidarité et PGE ont permis à de nombreux entrepreneurs de maintenir le cap et de réduire considérablement le nombre de défaillances.. Y aura-t-il un effet rebond ? Certains estiment que 2021 sera l’année des faillites d’entreprise, il est toutefois possible d’espérer que la fin de ce nouveau confinement, entraîne comme pour le premier, un fort regain d’activité.

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