Article mis à jour le 11 octobre 2018

Les députés adoptent la loi Pacte: quels changements pour les entreprises?

Héloïse Fougeray
Diplômée d'un Master II en Droit de la Propriété Intellectuelle aux Universités partenaires Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris-Saclay. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

La loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), portée par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, a été adoptée ce mardi en première lecture par l’Assemblée nationale.

Les enjeux de la loi PACTE sont multiples mais l’un des plus important concerne les démarches liées à la création d’entreprise. Cela s’inscrit dans l’objectif de dématérialisation des démarches administratives annoncé par le Gouvernement.

Quelles sont les mesures majeures qui vont impacter directement la création d’entreprise

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Mise en place d’un Guichet unique, seul interlocuteur des entrepreneurs

Le projet de loi PACTE prévoyait la mise en place d’un “guichet unique” électronique, ayant pour but de centraliser toutes les formalités administratives afférentes à la vie d’une société, de sa création à sa radiation. Cette mesure vient d’être adoptée et la création de ce guichet unique est prévue pour le 1er janvier 2021. Le but est de réduire les coûts et les délais des démarches administratives pour les entrepreneurs.

S'il existe déjà aujourd'hui des plateformes qui abondent dans ce sens, la loi vise à ce qu’il n’y ait plus qu’un seul interlocuteur. Par exemple, aujourd'hui, pour créer une entreprise, les formalités peuvent être réalisées auprès d'un des 1400 centres de formalités des entreprises (CFE). Ces centres sont gérés par les CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie), les CMA (Chambres de Métiers et de l'Artisanat), les Chambres d'agriculture ou encore les greffes des tribunaux.

Cette loi a donc pour ambition de mettre fin aux CFE au profit d'un guichet unique. Pour accompagner cette transition, un amendement a été introduit afin que les CFE restent opérationnels jusqu’en 2023. Jusqu’à cette date, les entreprises pourront donc continuer à accomplir leurs formalités en déposant physiquement leurs dossiers auprès des CFE.

La fin de l’obligation de réaliser le SPI pour les artisans

La loi Pacte prévoit également la suppression de l’obligation pesant sur les artisans de suivre un stage de préparation à l’installation (le SPI) avant de commencer leur activité. Cette mesure vise à faciliter la création d’entreprises artisanales.

Ce stage, d’une durée de 30 heures et organisé par le CMA, était obligatoire pour qu’un artisan puisse s’immatriculer au répertoire des métiers et exercer sa profession. Or cette formation représentait un coût qui pouvait atteindre 400€, sans compter les coûts des formalités administratives qui s’ensuivent. Cela pouvait donc constituer une véritable entrave à la création d’entreprises artisanales.

Les stages continueront d’être proposés par la CMA, mais seront désormais facultatifs. Cela permet également un traitement plus égalitaire. En effet, jusqu'à présent les artisans étaient les seuls à devoir suivre ce stage pour lancer leur activité.

Le projet de loi sera examiné par le Sénat à partir de janvier 2019, reste à voir s'ils seront du même avis que les députés.

Mise à jour le : 11/10/2018

Rédacteur : Héloïse Fougeray, diplômée d'un Master II en Droit de la Propriété Intellectuelle aux Universités partenaires Paris I Panthéon-Sorbonne et Paris-Saclay. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

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