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Chloé Antonucci
Diplômée de Sciences Po Paris, Chloé est spécialisée en droit des affaires et accompagne les entrepreneurs dans leurs démarches juridiques.
Article mis à jour le 14 juin 2018
Temps de lecture : 4 min

Publié le 22 juillet 2016

Cela n’aura échappé à personne : l’été est lunatique, alternant entre grosses pluies et fortes chaleurs. Et les températures actuelles frôlant les 35 degrés, la question de la tenue vestimentaire au travail est cruciale. Pouvons nous porter bermudas, jupes et tongs au gré de nos envies ?

Principe de liberté de la tenue vestimentaire au travail

Légalement, les salariés sont libres du choix de leur tenue ; cette liberté a été consacrée par la jurisprudence depuis bien longtemps. Théoriquement, vous pouvez donc venir au travail en bermuda, tongs et t-shirt.

Toutefois, cette liberté n’est pas sans limites, notamment dans un souci de décence vis-à-vis de ses collègues. Citons ainsi l’exemple d’une salariée licenciée en 1986 car elle persistait à porter un chemisier transparent sans soutien-gorge au travail… La Cour de Cassation avait alors donné raison à l’employeur. Egalement, la décence et les bonnes mœurs interdisent a priori aux salariés de venir au travail en maillot de bain !

Deux justifications pour imposer une tenue vestimentaire

De plus, l’employeur peut imposer certaines tenues vestimentaires au travail au regard de l’activité exercée tant qu’elles sont justifiées par la nature de la tâche à accomplir mais aussi proportionnées au but recherché, sans pour autant méconnaître la convention collective applicable. Dans ce cas, il est préférable de le prévoir dans le contrat de travail (CDI ou CDD). Les motifs justificatifs principaux sont au nombre de deux.

Les raisons d’hygiène et de sécurité

Quelque soit les températures, le port de la blouse et de chaussures spécifiques est obligatoire dans le milieu médical. Il en est de même sur les chantiers où les salariés doivent porter des protections adaptées. De par leur spécificité, ces activités nécessitent d’être rigoureux au niveau des tenues vestimentaires. Le manquement aux règles pourrait avoir des conséquences graves : risque de contamination dans le milieu hospitalier ou de blessure dans le monde du bâtiment.

Le contact avec le client

C’est le critère principal pour imposer des limites à la liberté de la tenue vestimentaire au travail, mais il est assez flou. En effet, les rapports de clientèle sont nombreux, et concernent la majorité des salariés. Toutefois, la jurisprudence a permis d’identifier des raisons valables. Pour toute activité où l’image de l’entreprise doit être soignée (par exemple dans le milieu hôtelier) et/ou facilement identifiée (l’exemple des chaînes de restauration rapide), le port d’une tenue appropriée est requis et l’uniforme est souvent imposé. Donc ni de sandalettes ni de shorts autorisés pour ces métiers.

Plus généralement, la jurisprudence a déjà considéré que le port d’un bermuda par un salarié en contact avec la clientèle n’était pas une tenue vestimentaire adéquate avec ses fonctions.

Le choix de votre tenue vestimentaire au travail est contingent à votre activité : alors qu’un short avec une paire de sandales ne cause a priori pas de difficultés particulières lorsqu’on travaille dans un bureau sans contact avec des clients, le port de tongs par un ambulancier sera inapproprié. Pour éviter tout problème, n’hésitez pas à en parler avec votre employeur pour être sûr de passer un été dans les meilleures conditions !


Rédacteur : Chloé Antonucci, diplômée de Sciences Po Paris. Chloé est spécialisée en droit des affaires et accompagne les entrepreneurs dans leurs démarches juridiques.

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