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Chloé Antonucci
Chloé est spécialisée dans les problématiques liées au droit des affaires et la création d’entreprise. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.
Article mis à jour le 14 juin 2018
Temps de lecture : 4 min

Publié le 26 mai 2016

Legalstart.fr accompagne les auto-entrepreneurs (depuis le 1er janvier 2016, on les appelle les micro-entrepreneurs) dans leurs démarches depuis 2015, pour les aider à réussir en auto-entrepreneur. Au cours du premier trimestre 2016, les déclarations d’auto-entrepreneurs ont représenté 15% des créations d’entreprises chez Legalstart.fr, toutes confondues (sociétés commerciales compris).

Créé en 2009, le régime de l’auto-entreprise a connu un intérêt soudain : en 2010 on dénombre 360 000 immatriculations soit 58% de créations d’entreprises.

L’INSEE vient de publier une étude aux résultats surprenants sur l’évolution des auto-entrepreneurs entre 2010 et 2013 : l’institut a constaté à la fin de cette période que seuls 30% étaient encore actifs. C’est peu !

Qui sont ceux qui démarrent effectivement une activité ? Quel est le profil type des auto-entrepreneurs qui sont toujours actifs après 3 ans ? Quels sont les auto-entrepreneurs qui réussissent ?

38% des auto-entrepreneurs déclarés en 2010 n’ont jamais commencé leur activité

Sur les 190 000 auto-entrepreneurs inscrits au premier semestre 2010, seuls 62% ont effectivement démarré une activité, les 38% restant ayant été radiés en raison de leur absence de chiffre d’affaires durant les deux années suivant leur création.

Quels auto-entrepreneurs sont les plus actifs au démarrage ? Les plus âgés et les femmes !

Les chiffres de l’INSEE montrent que l’âge des auto-entrepreneurs est un facteur influent. En effet, seulement 55 % des auto-entrepreneurs de moins de 30 ans débutent effectivement une activité, contre 71 % des plus de 50 ans, dont 1/4 est retraité. De part l’expérience acquise et la disponibilité de cette classe d’âge, ils sont plus propices à débuter leur activité rapidement. Au contraire, les jeunes auto-entrepreneurs, parfois encore étudiants, ont moins d’expérience professionnelle, sont plus hésitants et certains rejoignent finalement une entreprise en tant que salarié.

De plus, les femmes semblent plus enclines à démarrer leur activité tous secteurs confondus : 67% de celles-ci démarrent leur activité contre 59% des hommes.

Être accompagné dans les démarches : un vrai plus pour démarrer

Il s’avère que les auto-entrepreneurs ayant reçu des conseils sur leur projet sont plus nombreux à débuter leur activité (67%) que ceux qui n’en ont pas reçu (57%). De même, 69% des auto-entrepreneurs qui ont reçu une aide à la création (l’ACCRE par exemple) démarrent plus rapidement que les autres (59%). C’est logique : recevoir des conseils est à la fois une sécurité et un soutien qui pousse à l’activité. Être aidé pour faire votre déclaration d’auto-entrepreneur vous met sur le bon chemin !

Qui réussit parmi les auto-entrepreneurs ?

Sur la période de trois ans étudiée par l’INSEE (2010-2013), trois spécificités sont observables.

Exercer en tant qu’activité principale

Logiquement, les auto-entrepreneurs exerçant à titre principal ont une activité plus durable. Ceux qui déclarent leur activité à titre principal sont évidemment plus investis personnellement et dépendent généralement des revenus tirés de l’auto-entreprise.

Un auto-entrepreneur de plus de 50 ans a plus de chance de réussir

D’après les chiffres de l’INSEE, un auto-entrepreneur de 50 ans ou plus a 2 fois plus de chances d’être durable que celui de moins de 30 ans, ce qui généralement va de pair avec le caractère principal de l’activité, les auto-entrepreneurs de moins de 30 ans ayant tendance à démarrer une auto-entreprise en qualité de revenu complémentaire.

Santé, enseignement, activités culturels/artistiques : les secteurs les plus pérennes

En tête des auto-entreprises pérennes à trois ans, il y a le secteur de la santé - action sociale (71%), de l’enseignement (56%) suivi de près par les arts, spectacles et activités récréatives (55%).

A contrario, le secteur « le moins solide », avec le taux de pérennité à trois ans le plus faible, est celui du transport et entreposage (39%). Les auto-entrepreneurs en immobilier ou en finance sont également peu durables. Selon l’INSEE, ces secteurs sont caractérisés par des opportunités ponctuelles et ne permettent pas une certaine durabilité d’exercice.

D’ailleurs, pour le secteur du transport, on a effectivement pu observer que de nombreux VTC qui commençaient en auto-entrepreneurs ont finalement opté pour la création de société unipersonnelle en raison notamment du niveau élevé des charges d’exploitation (assurance, essence, et autres).

L’auto-entreprise, souvent une passerelle

La conclusion de l’étude est assez surprenante. Elle reflète à la fois l’intérêt qui est porté au régime et son utilité mais aussi ses limites. Plusieurs raisons peuvent venir expliquer ce faible taux d'activité sur 3 ans.

  1. Tout d’abord, l’auto-entrepreneur peut parfois se retrouver désarçonné en tant que travailleur indépendant. Porter un projet de manière autonome est un pari difficile qui ne convient pas à tout le monde : trouver des clients, organiser sa comptabilité, payer ses charges et organiser son activité en étant seul peut relever du parcours du combattant.
  2. Dans certains cas, l’auto-entreprise est perçu comme l’accès à une activité complémentaire, qui n’est pas destinée à durer. L’auto-entrepreneur veut s’assurer un revenu additionnel, sur le court ou moyen terme, notamment s’il est étudiant ou si son activité principale connaît quelques problèmes conjoncturels.
  3. Elle peut aussi être une passerelle vers la création d’une société : après s’être assuré de la rentabilité de son activité en auto-entreprise, l’entrepreneur crée une société qui remplace son statut d’auto-entrepreneur. L’auto-entreprise peut également être une parenthèse dans la vie professionnelle ou encore une alternative au chômage.

Pour plus d'informations sur les évolutions récentes autour du statut d'auto-entrepreneur, nous vous invitons à consulter notre précédent article sur le sujet.

Rédacteur : Chloé Antonucci @ Legalstart.fr. Chloé est spécialisée dans les problématiques liées au droit des affaires et la création d’entreprise. Sous la direction de Pierre Aïdan, docteur en droit et diplômé de Harvard.

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